Les plus beaux exemples de collaboration dans la nature

Mis à jour le par Equipe Rédaction

C’est vrai, la nature est un univers sous certains aspects, impitoyable, où les plus forts l’emportent souvent sur les plus faibles. C’est ce qui arrive lorsque le lion dévore un malheureux zébron encore trop faible pour s’enfuir, ou lorsqu’une meute de loups s’attaquent à un individu d’un troupeau affaibli par l’âge et par la maladie : ne dit-on pas « c’est la loi du plus fort », ou encore « la loi de la jungle », pour désigner avec résignation cette triste fatalité ? La compétition, la prédation, tous ces schémas rythment ce cycle immuable. Mais parfois, et même souvent, la nature, c’est aussi de formidables exemples de collaboration et de coopération au sein d’une même espèce, et plus étonnant, interespèce. L’entraide n’est pas une exclusivité de notre espèce, détrompez-vous, et les exemples en la matière son fascinants.

Les plus beaux exemples de collaboration dans la nature

Et si la vraie loi de la jungle était la coopération ?

Non, les relations entre espèces au sein des écosystèmes ne se résument pas à la compétition et la prédation. Cette idée est héritée en partie de différents philologues du siècle des Lumières 🪶 qui voulaient que l’Homme, ayant dépassé un stade présocial, se distingue de la nature et fasse société avec ses pairs en maîtrisant ses pulsions égoïstes et agressives (force est néanmoins de constater qu’en la matière, il y a encore un peu de boulot 😅 !). Une très mauvaise compréhension du règne animal et végétal, appuyée ensuite par la théorie de l’évolution de Darwin, dont on a principalement retenu que les plus puissants l’emportaient. À l’inverse, le partage, l’altruisme et l’entraide seraient des valeurs purement humaines nous distinguant des animaux 🤔. Vraiment ?

C’est en fait plutôt l’inverse : la confrontation, dans le règne animal, est rare, justement parce qu’elle présente un danger et parce que la compétition demande plus d’énergie que la collaboration. C’est pourquoi elles ne sont, en fait, utilisées qu’en dernier recours. Nous avons, en définitive, tellement de leçons à recevoir de la Nature 🌿.

La collaboration, omniprésente dans la nature

De très nombreux animaux et organismes vivent en symbiose, leur survie reposant sur l’entraide au sein de leur espèce, et/ou avec d’autres espèces 🤝. En voici quelques exemples.

Le poisson-clown et l’anémone, des relations étroites

🐠 Le poisson-clown et l’anémone de mer vivent en parfaite harmonie. D’un côté, l’anémone protège le poisson des prédateurs au moyen de son venin, en échange de quoi elle profite de la nourriture qu’il lui apporte – autrement dit de ses déjections – et d’un renouvellement de l’oxygène dont elle a besoin grâce à ses mouvements de nageoires. Il s’agit d’une symbiose mutualiste, où chacun y trouve son avantage. Il se trouve en effet que le poisson-clown, contrairement à ses prédateurs, est complètement insensible aux tentacules urticants de son hôte ! Un magnifique exemple de coopération interespèces dans la nature.

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Les champignons mycorhizes et les plantes, la parfaite symbiose du milieu forestier

🌱 Il s’agit ici de champignons qui déploient au contact du système racinaire des arbres et autres végétaux des filaments, de véritables réseaux mycorhiziens, qui leur permettent de booster leur capacité à puiser des ressources dans le sol. En contrepartie, ils bénéficient du carbone organique synthétisé par la plante : les sucres issus de la photosynthèse. Ainsi, ces champignons racinaires donnent accès à 85% des plantes terrestres d’avantage de minéraux. Comme quoi, il s’en passe, des choses, sous nos pieds !

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Le corail et les algues photosynthétiques, une interdépendance totale

🪸 Dans ce cas de figure, le corail indispensable, fournit du phosphore, de l’azote, du nitrate et des acides aminés vitaux aux algues, et reçoivent en échange des sucres et des lipides issus de la photosynthèse. Le mécanisme est fascinant, mais est également un important sujet d’inquiétude pour les experts, confrontés à un phénomène de blanchiment des massifs coralliens de plus en plus répandu du fait, notamment, du réchauffement climatique : autrement dit ces algues, indispensables à leur survie, disparaissent progressivement, ce qui présente pour ces joyaux de la biodiversité un grand danger.

Les pollinisateurs, des maillons indispensables à la vie végétale

🐝 L’exemple le plus connu de collaboration interespèces est sans doute celui de la pollinisation et donc des pollinisateurs. Les abeilles, mais aussi les papillons ou les colibris, se nourrissent du nectar des fleurs, et par la même occasion, emportent du pollen qu’ils répandront ensuite sur les plantes environnantes. Ainsi, ils jouent un rôle indispensable dans la reproduction de nombreuses espèces végétales. Mais la coopération va parfois plus loin, car certaines espèces de colibris se sont adaptées aux plantes, en développant au fil de l’évolution un bec totalement adapté à la forme des fleurs. Les abeilles, de leur côté, ont développé une dépendance vitale vis-à-vis du nectar de certaines fleurs, qu’elles utilisent pour s’alimenter, construire leurs ruches et nourrir leurs larves 🌺.

Le poisson nettoyeur, le bon copain

Le labre nettoyeur commun est un poisson prédateur qui se nourrit des parasites présents dans la bouche et les branchies des grands, voire des très grands poissons. Il débarrasse également ses hôtes des tissus morts ou infectés. Ces derniers l’ont bien compris, et lui permettent d’entrer et de sortir en toute impunité de leur puissante mâchoire, afin de se délester des petites bestioles qui les enquiquinent, là où d’autres poissons se feraient avaler tout cru 🦈. Une collaboration qui donne parfois lieu à des scènes surprenantes : de véritables stations de nettoyages se mettent en effet en place, où les « clients » viennent se faire nettoyer en restant parfaitement immobiles, attendant leur tour. On peut même y voir des prédateurs côte à côte avec leurs proies habituelles, respectant une sorte de trêve pour le bien commun de tous.

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Timon et Poumbaa étaient vraiment amis

🐗 Les mangoustes et les phacochères entretiennent, eux aussi, des relations d’entraide. Il suffit de les observer évoluer dans la savane d'Afrique australe pour s’en convaincre. Les mangoustes sont insectivores, et se nourrissent des parasites et insectes accrochés sur le corps des phacochères. Il n’est donc pas rare de les voir se faire papouiller, et s’ils se prêtent au jeu, c’est qu’ils ont tout intérêt à le faire : ils bénéficient d’un nettoyage gratuit et évitent le développement d’infections.

Les fourmis élèvent des pucerons

🐜 La relation entretenue entre fourmis et pucerons est très particulière, et a de quoi étonner. Les pucerons sont en effet, en quelque sorte, les animaux de compagnie des fourmis, qui les élèvent comme nous le faisons avec le bétail. En effet, les pucerons rejettent du miellat, qui est une partie du sucre qu’ils ingèrent dans la sève des plantes. Et ça, les fourmis en raffolent. C’est pourquoi ils en ont des troupeaux entiers, qu’ils protègent des prédateurs comme le feraient des bergers.

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Fourmis et arbres travaillent patte dans la feuille

🌳 Certaines fourmis sont capables d’entretenir des relations surprenantes avec les arbres. C’est le cas de certaines espèces d’acacias, qui deviennent de véritables fourmilières pour les fourmis Pseudomyrmex au moyen de leurs branches creuses faisant office de galeries, et qui, lorsqu’ils sont colonisés par des fourmis, fabriquent de petites excroissances jaunes et sucrées à la base de ses feuilles pour les nourrir. Quel intérêt pour eux d’accueillir ces insectes et de les fidéliser ? Les fourmis défendent l’arbre contre tous les agresseurs potentiels, végétaux comme animaux, grâce à leur venin. Même principe entre la fourmi aztèque et le Cecropia, qui en plus est recouvert d’un revêtement en forme de crochet permettant aux fourmis de s'accrocher plus fortement en cas d’attaque. Les fourmis vont alors jusqu’à soigner le Cecropia après qu’il a subi des agressions extérieures en bouchant les trous avec des agents antimicrobiens !

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Les manchots qui se tiennent chaud

🐧 On pense aussi à ces malheureux manchots qui doivent affronter des températures pouvant atteindre -40°C en Antarctique 🥶. Outre leur épaisse couche de graisse sous-cutanée et leur plumage hyper isolant, c’est bien dans la coopération qu’ils trouvent leur salut : en fait, ils se serrent les coudes, ni plus ni moins. Ils font bloc, les uns contre les autres, afin de bénéficier d’une chaleur collective confortable pouvant atteindre 30°C au centre, où  ils séjournent chacun leur tour, après avoir occupé la position la moins confortable à l’extérieur du cercle à tour de rôle. Malin !

À retenir
D’après un proverbe africain : « Si tu veux aller vite, marche seul, mais si tu veux aller loin, marchons ensemble ». Or, notre vision qui isole l’Homme de l’animal nous empêche de percevoir la véritable continuité qui existe entre tous les êtres vivants. Il s’avère en fait que dans la Nature, l’entraide, la coopération, la collaboration et la symbiose sont partout, et prévalent bien souvent sur les relations de prédation et de compétition. Et si on s’inspirait un peu plus de la nature ?

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Sources : smartbe.be, nationalgeographic.fr, energy-observer.org, notrenature.be, causecommune-larevue.fr, caminteresse.fr

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La playlist nature qui fait du bien

Nature - Peinture

Amareo

  1. Côte maritimeZen Ambiance D'eau Calme
    3:28
  2. Se délasserZen Ambiance D'eau Calme
    3:29
  3. Orage: Pluie Sur Le ToitSons De Pluie HD
    3:10
  4. Orage: Pluie ForteSons De Pluie HD
    2:55
  5. Ronronnement relaxantOasis de sommeil
    3:27
  6. La tempête tropicale à l'horizonSomnolent Jean
    1:42
  7. Pluie dans la Forêt, Pt. 01Sons de la Nature Projet France de TraxLab
    1:23
  8. Chant de cigales, Vol. 1Bruitages
    3:02
  9. Sons des rivières: Vent, ruisseauBruits naturels
    4:17
  10. Relax NaturelleChant d'Oiseaux
    2:39
  11. Bruits de feu crépitantZone de la Musique Relaxante
    3:29

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Plage de Mesquer - Regarder le soleil se coucher dans la mer... une de mes madeleines.  Chaque jour le spectacle est différent. Ce jour-là, il y a des nuages, les rayons les transpercent. Le reflet du soleil dans l'eau donne à la mer un ton unique, changeant à chaque minute. Il reste quelques traces du passage des enfants, que la mer douce mais sure efface une à une. Ecouter la mer, voir son étendue sans fin ... j'y passerais des heures

📷 By Anne-Fleur Saraux. 

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