Le recours à la neige artificielle dans les stations de ski

Mis à jour le par Equipe Rédaction

☃️ Le nombre de jours d’enneigement dans les Alpes pourrait être divisé par deux d’ici la fin du siècle, et il faudra, à partir de 2100, monter au-dessus de 1500 mètres d’altitude pour pouvoir skier de mi-décembre à mi-février. Déjà, près d'un mois d'enneigement a été perdu dans l'ensemble des Alpes en basse et moyenne altitude depuis un demi-siècle… Les stations de ski sont désormais contraintes de repousser la date d’ouverture de leurs pistes, faute de neige, et de compenser un enneigement parcimonieux avec de la neige artificielle. Mais cette pratique est-elle neutre pour l’environnement ? Quels sont les impacts écologiques de la neige artificielle et s’agit-il d’une solution durable 🤔 ?

Le recours à la neige artificielle dans les stations de ski

Un recours à la neige artificielle quasi systématique du fait du réchauffement climatique

Pour compenser le manque d’enneigement, phénomène de plus en plus fréquent du fait du réchauffement climatique, le recours à la neige artificielle par les stations de ski leur permet bien souvent de sauver la saison et d’assurer une rentabilité financière. C’est ainsi que la plupart d’entre elles sont désormais équipées de canons à neige❄️.

On se souvient tous les JO de Pékin, qui se sont déroulés avec de la neige 100% artificielle en raison de l'absence récurrente de chutes de neige sur les montagnes de Zhangjiakou et de Yanqing, engendrant une polémique écologique autour de cet évènement. En effet, l’équivalent de 800 piscines olympiques ont été nécessaires pour y assurer les épreuves de ski alpin 😱 !

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Comment fabrique-t-on de la neige artificielle ?
L’utilisation de canons à neige consiste à expulser de l’eau dans l’air ambiant lorsque les températures sont négatives, cette dernière se transformant en cristaux de glace avant d’atteindre le sol 🥶.

La neige artificielle, non polluante pour les milieux naturels

Autrement dit, la neige artificielle ne pollue pas en tant que telle, puisque sa composition est exactement la même que la neige naturelle : il s’agit, ni plus ni moins, d’eau sous la forme solide. Ce n’était pas le cas il y a encore quelques années, certains additifs et bactéries étant alors adjoints à l’eau afin de permettre une congélation plus rapide des gouttelettes et d’obtenir de la neige à des températures supérieures.

Néanmoins, la pollution sonore provoquée par l’usage des canons à neige est susceptible de perturber la faune sauvage.canon à neigeCanon à neige en action.

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La question de la ressource en eau

Mais c’est plutôt l’impact du procédé sur la ressource en eau qui est problématique💦. La fabrication de neige artificielle nécessite en effet d’importantes quantités d’eau : pour un hectare de piste de neige artificielle, entre 3 et 4000 mètres cubes d’eau sont nécessaires. 

Bien que prélevée en période hivernale, les nappes phréatiques qui peinent déjà à se recharger sont largement mises à contribution ce qui peut contribuer à un stress hydrique ultérieur, au moins localement, dans certaines vallées. Une situation qui ne risque pas de s’améliorer avec la progression du réchauffement climatique.

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Il devient parfois nécessaire de construire de nouvelles retenues d’eau afin d’alimenter les canons à neige de manière à allonger la durée d’exploitation des domaines et d’assurer leur rentabilité. Des retenues qui ont un impact indéniable sur la biodiversité et sur les paysages, engendrant la déviation de cours d’eau et la disparition de zones humides…

Néanmoins, si l’on totalise l’ensemble de l’eau consommée en France pour la neige de culture, le chiffre reste inférieur à la quantité d'eau utilisée dans les piscines privées françaises, et est presque anecdotique par rapport aux prélèvements pratiqués par l’agriculture ou l’industrie. De plus, l’eau prélevée est restituée au milieu naturel, ce qui préserve le cycle naturel de l’eau.

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La neige artificielle, gourmande en énergie

Par ailleurs, la neige de culture consomme entre 3 et 5 kWh par mètre cube d'eau, soit 12 000 kWh d'électricité pour enneiger artificiellement un hectare de piste ⚡. Des coûts qui ont baissé ces dernières années en raison de l’amélioration de la technologie.

Des données à relativiser également, d’après Carlo Carmagnola, chercheur et spécialiste de la neige, car si l’on regarde la situation d’ensemble, il s’avère qu’à l’échelle d’un domaine skiable, les remontées mécaniques, le damage, la préparation des pistes et la neige de culture ne représentent en fait que 5% de la consommation d’énergie et des émissions de CO2 liées aux sports d’hiver, le reste étant consacré à 95% aux transports et besoins des bâtiments souvent vieillissants des stations de ski ⛷️.

Une maladaptation climatique confinant à la fuite en avant

Néanmoins, le 6 février dernier, la Cour des Comptes publiait un rapport sur les stations de montagne de France, et le constat est là : du fait du changement climatique, « Le modèle économique de ski français s’essouffle » indiscutablement. Bientôt, même la production de neige artificielle ne suffira plus à pallier l’absence de neige…

Et en effet, la production de neige artificielle ne sera pas éternellement la solution à tous les maux des domaines skiables : elle nécessite, en effet, des températures négatives, ce qui progressivement, devient également plus rare 🥶.

C’est ainsi que certaines stations confrontées au manque, voire à l’absence de neige, tentent de s’adapter et transforment radicalement leurs activités, comme c’est le cas d’Artouste, dans les Pyrénées, cette année, qui n’utilise plus de neige artificielle depuis 2020. Train panoramique, tyrolienne, mountain bike, spa de plein air… Cette station a décidé de préserver les ressources en eau et en électricité au profit de nouvelles activités, d’ordinaire réservées à la belle saison. Elle ambitionne notamment de s’équiper d’une piste de ski synthétique praticable toute l’année.

Dans le Doubs, la station de Métabief a acté de son côté la « fin du ski alpin » à l'horizon 2030-2035, devenant un territoire pilote pour la transformation du domaine face au changement climatique.

Le snowfarming, une pratique émergente

D’autres pratiques, telles que le snowfarming, consistent à stocker de la neige naturelle ou artificielle dans des espèces de carrières sur les versants de la montagne les moins exposés au soleil avant le début du printemps, de l’isoler des températures extérieures, afin de la retrouver en fin d’été pour démarrer la nouvelle saison au plus tôt. 

Présentée comme une méthode écologique, puisqu’elle consiste à recycler de la neige d’une année sur l’autre, c’est oublier que cette neige est transportée par camions qui la montent en altitude au printemps, avant de la redescendre à l’automne, et que le procédé met à mal le cycle de l’eau, en en mobilisant une grande quantité qui était vouée à rejoindre les milieux naturels ! On a donc vu mieux 🤔 … 

C’est ainsi qu’au Grand-Bornand, station située à basse altitude - 1 000 mètres - qui accueillait l’étape de Coupe du monde de biathlon lors de l’hiver 2022, des camions ont transporté 24 000 m³ de poudreuse pour permettre aux athlètes de concourir !

À retenir

Le recours à la neige artificielle dans les stations de ski est une pratique de plus en plus répandue, et permet de pallier l’absence ou l’insuffisance d’enneigement, et de sauver, bien souvent, la saison de nombreux domaines skiables, notamment ceux en dessous d’une certaine altitude. Une pratique qui soulève un certain nombre d’interrogations d’ordre environnemental, et qui sonne de plus en plus comme un non-sens écologique : raréfaction de la ressource en eau, températures de moins en moins compatibles avec ce procédé… Il ne saurait s’agir que d’une solution temporaire qui ne pourra pas être éternelle. Les stations situées en trop faibles altitudes pour bénéficier d’un enneigement hivernal naturel suffisant devront, tôt ou tard, opérer un virage dans leur modèle d’activité pour s’adapter à ces nouvelles tendances climatiques.

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Sources : francetvinfo.fr, science-et-vie.com, linfodurable.fr

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📷 By Anne-Fleur Saraux. 

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