Le changement climatique en question
Pas une semaine ne s’écoule sans qu’un article paraisse au sujet du dérèglement climatique, de ses causes, de ses conséquences, et du danger qu’il fait peser sur la planète 🌍. Il affecte en effet de plus en plus sévèrement les écosystèmes du monde entier, et la biodiversité qu’ils abritent. Sécheresses, élévation du niveau de la mer, vagues de chaleur, canicules insupportables, perturbations des précipitations, phénomènes naturels extrêmes, inondations, glissements de terrains, acidification des océans, augmentation du niveau de la mer… Difficile, aujourd’hui, de passer à côté des effets concrets de ce phénomène qui ne fait que s’amplifier d’année en année 🙈.
C’est pourquoi à peu près tout le monde s’accorde sur un point : il faut agir, et au plus vite, pour limiter ce réchauffement climatique, idéalement à 1,5 degré, conformément aux préconisations du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat).
La neutralité carbone : un objectif fixé par les accords de Paris
Pour cela, atteindre la neutralité carbone au milieu du siècle est un coche à ne pas manquer, et est d’ailleurs intégré aux accords de Paris adoptés le 12 décembre 2015 durant la COP21. Ce dernier s’est en effet attaché à définir un cadre pour le soutien financier, technique et le renforcement des capacités en vue de lutter contre le dérèglement climatique, avec pour objectif de limiter le réchauffement à + 2 °C - idéalement + 1,5 °C - par rapport aux niveaux préindustriels 🌡️. 👉 Ce qu'il faut retenir du dernier rapport du GIEC
Ainsi, l’article 4 de l’accord de Paris prévoit qu’il convient de « parvenir à un équilibre entre les émissions anthropiques par les sources et les absorptions anthropiques par les puits de gaz à effet de serre au cours de la deuxième moitié du siècle » ⚖️. Pour y parvenir, un Pacte vert pour l’Europe a été adopté par la Commission européenne en 2019, avec comme objectif de parvenir à un plafonnement mondial des émissions de gaz à effet de serre avant d’entamer une phase de réduction. Notamment, il ambitionne de réduire les émissions de GES européennes de 55 % d'ici 2030, et d’atteindre la neutralité carbone d'ici 2050.
Un objectif de neutralité qui est devenu juridiquement contraignant depuis que le Parlement européen et le Conseil ont adopté la loi sur le climat en 2021. Ainsi, une Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC) a été adoptée en France afin de s’orienter vers une démarche de transition écologique, avec pour objectif final la neutralité carbone pour 2050.
C’est quoi, la neutralité carbone ?
La neutralité carbone consiste à trouver un équilibre entre les émissions de carbone et l’absorption du carbone de l’atmosphère par les différents puits de carbone. Des émissions nettes nulles impliquent une compensation totale des émissions de gaz à effet de serre mondiales par une séquestration au moins équivalente du carbone. Elle ne vise donc pas un objectif « zéro émissions de CO2 », mais un bilan carbone neutre afin de stabiliser le stock de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
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Comment atteindre la neutralité carbone ?
Même si l’objectif de neutralité carbone n’a réellement de sens qu’à l’échelle de la planète, elle peut être atteinte à l’échelle d’une entreprise, d’un groupe, d’un pays, ou de la planète. Les deux leviers à disposition pour y parvenir sont donc :
- D’une part une réduction des émissions, première étape incontournable pour limiter la concentration de CO2 dans l’atmosphère au moyen d’une transition écologique et énergétique ⤵️,
- Et d’autre part, un développement plus important des puits de carbone afin d’augmenter la capacité de stockage de notre environnement, par un travail de restauration et de protection des puits de carbone naturels, et éventuellement de création de puits de carbone artificiels ⬆️.
Une entité comme une entreprise pourra par exemple, après un bilan carbone consistant en une analyse de l’ensemble de ses activités, identifier ses possibilités de réduction et l’orientation de ses objectifs. Elle pourra éventuellement réduire ses propres émissions directes issues de ses moyens de transport, ou de ses sites de production, ou encore agir sur ses émissions indirectes par le biais de celles de ses fournisseurs, de ses sous-traitants, ou de ses investissements. Elle devra, notamment, participer à développer des solutions d’absorption de carbone, soit directement, ou par l’intermédiaire du financement de puits de carbone au travers de projets de compensation.
C’est quoi un puit de carbone ?
De son côté, le puit de carbone désigne tout système absorbant plus de carbone qu’il n’en émet. À ce titre, différents puits de carbone naturels assurent cette fonction, dont les plus importants sont les océans (qui séquestrent près de 30 % du CO2 émis par l’Homme), les forêts (qui en captent environ 15 %) ou encore les sols.
Actuellement, malheureusement, les émissions sont écrasantes par rapport aux capacités des puits de carbone naturels, et de ce fait, les gaz à effet de serre s’accumulent dans l’atmosphère 😒. Ainsi, l'humanité produit environ 40 milliards de tonnes de CO2 dans l’atmosphère par an, tandis que selon des estimations, les puits naturels de carbone en piègent environ la moitié. L’Homme, aidé par la technologie qui ne cesse de progresser, travaille à l’élaboration de puits de carbone artificiels 💪, comme par exemple par des procédés de captage direct du CO2 dans l’atmosphère, avec des résultats pour l’instant très insuffisants par rapport à l’ampleur du phénomène. On parle alors « d’émissions négatives ».
La piste de la reconstitution des puits de carbones naturels, comme le reboisement, semble pour l’heure plus réaliste. Mais surtout, la seule vraie grosse piste pour parvenir à cette neutralité réside avant tout dans la réduction des émissions.
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Les systèmes de compensation carbone
Pour parvenir à une neutralité carbone, d’autres moyens tels que la compensation pourront être employés. Concrètement, certains secteurs resteront nécessairement carbonés. Il sera alors nécessaire de compenser ces émissions inévitables par une réduction des émissions d’un ou de plusieurs autres secteurs. Ainsi, une entité, afin de compenser ses propres émissions carbone, peut financer des projets écologiques qui eux, permettent de réduire les émissions de CO2, bien souvent par le biais d’achat de crédits carbone.
⚠️ Néanmoins, le recours à la compensation, autrement dit la contribution carbone, ne saurait être perçu comme un droit à polluer ou un permis d’émettre autant voire plus de CO2 : elle doit nécessairement venir en complément d’une stratégie de réduction des émissions. Attention au Greenwashing !
Car une telle stratégie pose un problème de taille : le timing ! Si vous relâchez du CO2 aujourd’hui, tout en finançant la plantation d’une forêt en Chine, c’est certes mieux que rien, mais les arbres plantés mettront une quinzaine d’années avant de capter l’équivalent vos émissions, le temps d’arriver à maturité ! Et peut-être que d’ici là, ils auront été coupés pour servir de bois de chauffage, relâchant tout le CO2 stocké dans l’intervalle… Donc si chacun adopte cette stratégie, on est cuits, c’est le cas de le dire 🙄.
À retenir
La neutralité carbone, ou le « zéro émissions nettes de CO2 » est un peu le Graal de notre siècle. L’Union Européenne, et bon nombre d’autres pays (Chine, Etats-Unis, Russie, Inde…) se sont engagés à atteindre cet objectif d’ici 2050, certains plus tôt, d’autres plus tard… Le tout dans l’espoir de limiter le réchauffement climatique à + 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels. Attention néanmoins : cela ne signifie pas que nos émissions seront nulles, mais simplement qu’un équilibre devra avoir été trouvé entre nos émissions, et la captation et le stockage de CO2 afin de compenser celles-ci et de stabiliser le stock de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
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Sources : hellocarbo.com, greenly.earth, ademe.fr, francetvinfo.fr, ouest-france.fr