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C’est quoi, l’ail des ours ?
L’ail des ours, ou Allium ursinum, est une alliacée de 15 à 50 cm de hauteur, aux longues feuilles rubanées. Elle se pare d’une floraison délicate entre les mois d’avril et juin, période où elle attire beaucoup d’insectes pollinisateurs grâce à ses petites fleurs blanches en étoile à 6 pétales, et à leur générosité en pollen et en nectar 🐝. 👉 6 gestes simples à adopter pour aider les abeilles
L’ail sauvage, ou ail des ours, mérite d’être connu par les fins gourmets appréciant les ingrédients qui sortent de l’ordinaire 😋. Tout est comestible dans cette étonnante plante aromatique, qui relève les plats qu’elle accompagne avec caractère : le bulbe, les tiges, les bourgeons, les feuilles… Cette jolie plante sauvage orne les sous-bois, où elle diffuse une odeur caractéristique d’ail. Que ce soit pour ses vertus médicinales, ou par simple intérêt gustatif, partez à la cueillette de l’ail sauvage !
Comment reconnaître l’ail des ours ? Attention aux confusions !
Vous êtes enthousiaste à l’idée de partir en quête de l’ail des ours ? Belle motivation ! Mais avant toute chose, assurez-vous que vous saurez reconnaître cette herbe aromatique, et que vous ne la confondrez pas avec d’autres espèces à bulbes dont certaines sont toxiques ⛔, et qui poussent (bien sûr !) à la même période et dans les mêmes endroits : le Muguet, le Colchique, le sceau-de-Salomon, l’ornithogale, ou l’arum.
Ça y est, vous croyez en avoir trouvé ? Vérifions !
- Son odeur est très reconnaissable : elle sent l’ail, tout simplement 🧄 ! Frottez ses feuilles entre vos mains pour vous en assurer. Néanmoins, cette odeur étant prenante et imprégnante, il peut devenir difficile de la distinguer au bout d’un certain temps. Il est donc important d’apprendre à la reconnaître visuellement.
- Observer attentivement ses feuilles 🧐 : sur l’ail sauvage, elles poussent séparément, avec une section de la tige non cylindrique (comme chez le colchique ou le muguet) mais formant un demi-cercle. Les feuilles du muguet, en revanche, sont épaisses et poussent par deux, l’une enroulée autour de l’autre. Les feuilles du colchique sont également épaisses, et arrondies à leur extrémité, formant une touffe, contrairement à l’ail des ours dont les feuilles sont lancéolées avec une extrémité pointue 🍃. La feuille d’arum, en fin de croissance, est large et parallèle au sol, à la manière d’un parasol. Plus jeune, elle peut être confondue avec celle de l’ail sauvage. Elle se différencie alors par ses nervures pennées (les nervures secondaires étant réparties le long de la nervure principale). Ce n’est pas le cas de la feuille d’ail des ours qui présente des nervures parallèles.
- Elle possède un bourgeon qui donnera une fine fleur à 6 pétales.
Ça y est, vous en êtes sûr : ça en est 😀 ! Partir à la quête de l’ail sauvage : une activité slow life par excellence 😎 ! 👉 Slow Life : tout ce que vous devez savoir
🤫 La morille n’est pas loin ! Réjouissez-vous, car l’ail des ours est un bon bio-indicateur de la morille ! Pourquoi ne pas faire d’une pierre deux coups ? Un excellent festin en perspective 🤗 ! |
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Comment consommer l’ail des ours ?
Le côté positif, c’est que tout se mange dans l’ail des ours : les feuilles, les tiges, le bourgeon, et même les fleurs !
- Le feuillage est le plus utilisé, ayant une saveur plus relevée, mais légère, sensiblement piquante et sucrée. Il est par exemple excellent en pesto avec de l’huile d’olive et une pincée de fleur de sel, du parmesan et des pignons de pin, en accompagnement de délicieuses pâtes fraîches.
- Cette plante aromatique peut également être ajoutée à vos soupes, salades, quiches, fromages blancs, vinaigrettes, gratins, risottos, omelettes 😋…
- Le bulbe peut être écrasé à la manière d’une gousse d’ail, et apporter de la saveur à de nombreux plats. Il peut également servir de base à des teintures mères, cataplasmes, ou décoctions, pour traiter différentes maladies de peau comme l’eczéma. Consommé cru, il est très riche en vitamine 🍊.
- Les boutons de fleur se préparent au vinaigre, un délice !
- Et la tige peut être hachée comme vous le feriez pour de la ciboulette.
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Les secrets d’une bonne conservation
Pour une utilisation rapide (dans la semaine), cette herbe se conserve bien au frigo, idéalement dans un verre d’eau à changer tous les jours. Mais vous pouvez également choisir de la faire sécher à 45°C pendant 4 heures pour la conserver pour plus tard et en agrémenter vos plats au besoin, ou la hacher ou la ciseler avant de la congeler 🥶.
⚠️ Il faut néanmoins prendre des précautions avant toute utilisation et nettoyer soigneusement l’ail sauvage récolté, en le rinçant à l’eau claire, après un bain vinaigré, afin de se prémunir contre les risques d’échinococcose, transmise notamment par les déjections d’animaux sauvages tels que le renard 🦊. Tout comme pour la cueillette de la mûre sauvage, il faut être rigoureux sur l’hygiène ! Une cuisson d’au moins 10 minutes à 60 °C vous en débarrassera néanmoins à coup sûr.
Une plante pleine de bienfaits
Si l’ail des ours intéresse tant depuis l’Antiquité, c’est que c’est un concentré de bonnes choses ! Depuis le Néolithique, on utilise cette plante pour ses vertus médicinales, également réputée au Moyen-âge pour être dotée de pouvoirs magiques protégeant les bébés pendant la grossesse. Quels sont donc les super-pouvoirs de ce super ail 🦸🏻♀️ !
Puissant allié détox, il partage les mêmes vertus que l’ail ordinaire que l’on a l’habitude de consommer, mais ses principes actifs sont en fait plus concentrés et plus nombreux 💪, que notre ail domestiqué a sans doute perdu en chemin au fur et à mesure de sa cultivation à outrance à travers les siècles. Autre différence notoire : c’est dans les feuilles, et non dans le bulbe, que se trouvent la plupart de ces principes actifs.
- Doté de vertus purificatrices, l’ail sauvage réduit le taux de cholestérol et apaise la pression sanguine, jouant un rôle clé dans la régulation de la tension artérielle, grâce à ses acides aminés peptides y-gluta-myl.
- Il permet d’éliminer une partie des graisses bloquées par les métaux lourds, et diminue l’activité des radicaux libres produits par l’organisme, ce qui lui donne des propriétés antioxydantes. Le mercure et le plomb deviennent solubles dans l’eau et sont mieux éliminés.
- Riche en vitamines A, B, C, en composés sulfurés, notamment en allicine, puissant antimicrobien et antibiotique naturel à qui il doit son odeur marquée et beaucoup de ses bienfaits, et en aminoacides, il n’en oublie pas d’être une excellente source de minéraux, dont le sélénium, mais également en fer, silicium, manganèse, et zinc.
- Il contient environ 20 fois plus d’adénosine que l’ail de nos jardins, ce qui favorise la dilatation des vaisseaux sanguins et améliore les problèmes de coagulation, luttant contre la formation de caillots.
- Il améliore également certaines pathologies du foie.
- Son action détoxifiante aide à lutter contre certains soucis de peau, ou contre les rhumatismes.
- En usage externe, il soulage la douleur.
- Antiseptique et antibiotique, il lutte contre les infections virales, notamment respiratoires. Il purifie les intestins, et il s’agit d’un vermifuge naturel efficace. 👉 Découvrez ces 12 antibiotiques naturels et leur utilisation
Où et quand le trouver ?
Formidable ! Il ne reste plus qu’à savoir où le trouver 🔍.
- Il apprécie les sols neutres à calcaires, et prospère dans les sous-bois réunissant ces propriétés 🌳. Il convient d’éviter les coins à fougères ou à bruyères, qui poussent dans des milieux plus acides. Le sol est légèrement sablonneux et peu argileux ? Vous chauffez, il doit y en avoir dans le coin !
- Il apprécie les atmosphères humides et ombragées, et peut se trouver en bord de rivière.
- On en trouve entre 500 et 1.600 mètres d’altitude, donc souvent en moyenne montagne.
- Le meilleur moment pour partir à sa recherche est à partir de début mars en basse altitude, et jusqu’à début juin lorsque vous approchez des 1.600 mètres.
- Il pousse en grandes colonies entre les arbres.
Ça y est, vous savez tout sur l’ail des ours, à vous de jouer pour un moment gourmand 👩🍳. Ça, c’est juste au cas où… 👉 Comment retrouver son chemin en forêt ? 5 conseils efficaces
À retenir : L’ail des ours, ou ail sauvage, est une herbe aromatique et médicinale utilisée par l’homme depuis la nuit des temps. Il se trouve dans les sous-bois, et ne doit pas être confondu avec d’autres espèces toxiques. Cette plante est réputée pour ses nombreux bienfaits sur la santé avec un large champ d’action du fait notamment de ses composés soufrés, et accompagnera agréablement de nombreux plats pour les fins gourmets ! En bonus, peut-être aurez-vous la chance de trouver quelques morilles qui poussent souvent à proximité 😉. Explorer - protéger - se ressourcer #BornToBeWild |
Sources : chasseursdechampignons.com, plantes-et-sante.fr, marmiton.org, gammvert.fr