Gypaète barbu, tout savoir sur ce drôle d'oiseau

Mis à jour le par Equipe Rédaction

Le Gypaète barbu, ce rapace majestueux, est considéré aujourd’hui comme une espèce vulnérable. Son physique unique et son envergure impressionnante ont attiré fantasmes de nos ancêtres : créature démoniaque, bête féroce menaçant les troupeaux et se baignant dans le sang de ses victimes… Ils voyaient dans le cercle rouge qu’il a autour de l’œil un signe du démon 😈. Il a donc été, comme d’autres animaux sauvages, victime de l’absurdité humaine, et rayé de la carte par excès de chasse, d’empoisonnements et de destruction d’œufs ou de poussins au nid… Réputation d’autant plus injuste qu’il est en réalité le dernier maillon de la chaîne alimentaire et ne se nourrit presque uniquement d’os !

Gypaète barbu, tout savoir sur ce drôle d'oiseau
Sommaire :

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Une espèce protégée

Extinction d’autant plus fâcheuse que la stratégie évolutive de l’espèce est on ne peut plus lente : il se reproduit très peu, avec une moyenne de 1 jeune à l’envol tous les 3 ans. La population ne peut donc augmenter que très progressivement !

Le Gypaète barbu est aujourd’hui une espèce protégée, considérée comme vulnérable en Europe et en danger en France.

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Reconnaître le Gypaète barbu, le casseur d'os

De son nom scientifique « Gypaetus barbatus », aussi appelé « casseur d’os », c’est un oiseau au physique tout à fait particulier. Son envergure impressionnante va de 2.70 à 2.85 m, d'un bout à l’autre des ailes, et il peut peser de 5 à 7 kg. Il mesure de 1,10 à 1,50 mètre du bout du bec au bout de la queue. Cela en fait l’un des plus grands rapaces d’Europe, plus grand qu’un aigle royal 🦅 !

Son œil jaune est cerclé de rouge, dont la coloration plus ou moins vive indique à ses congénères son degré d’excitation ou de stress, et il présente un masque facial qui se termine par une barbichette autour du bec.

Le plumage est contrasté chez l’individu adulte, gris ardoisé aux ailes, blanc à orangé sur la tête et le ventre, avec un collier de plumes noires à la base du cou. Celui de la tête et du poitrail est blanc, mais il a pour habitude de prendre des bains de boue riche en oxydes de fer, ce qui le teinte d’ocre oranger, dans un but territorial : il affiche ainsi aux vues de ses congénères sa dominance (raison pour laquelle nos ancêtres lui avaient prêté la réputation de se baigner dans le sang de ses victimes 🙄). Les jeunes sont plus sombres, et n’acquièrent leur plumage adulte qu’autour de 5 à 7 ans, mue après mue. Les pattes du Gypaète sont emplumées jusqu’aux serres.

Pour être sûr de ne pas le confondre avec un autre oiseau, soyez particulièrement attentif :

  • Au contraste entre le corps et la tête (clair à oranger) et les ailes (sombres/grises) ;
  • A la forme de sa queue en losange ;
  • A son envergure impressionnante ;
  • A son type de vol : il longe généralement les falaises, et la fermeture de ses ailes est utilisée pour descendre en altitude ⛰️;
  • Aux réactions des marmottes environnantes : si elle siffle une fois, c’est qu’elle avertit ses copines qu’un danger arrive du ciel ;
  • Si l’oiseau lâche son os depuis le ciel, ou se baigne dans une boue ferrugineuse, c’est bien lui !

Le nettoyeur des montagnes

Casseur, d’os, nettoyeur des montagnes… Bon, c’est vrai qu’on pourrait croire à des surnoms de tueurs en série ou de membres de la mafia 😬.

Et pourtant, ce grand rapace est nécrophage : autrement dit, il est friand de cadavres 😋. Il se nourrit presque exclusivement de restes osseux (extrémités de pattes, os et ligaments), prélevés sur des carcasses fraîches d’Ongulés sauvages et domestiques de taille moyenne (bouquetins, moutons... 🐐). Les carcasses plus anciennes ne l’intéresseront qu’en cas de disette. Il reste opportuniste et peut consommer occasionnellement des cadavres d’oiseaux ou de reptiles. Il peut avaler des os entiers, ou bien les casser au préalable.

On le surnomme « casseur d’os » car il est capable de projeter les plus gros os d’une hauteur de 50-80 mètres jusqu’à ce que la moelle soit accessible, et de répéter une 50aine de fois cette entreprise ! Malin, n’est-ce pas 👍 ?

Bref, il rend plutôt service à la nature, car en la nettoyant des carcasses, il prévient le développement de maladies, de parasites, de pollution des eaux 🌍… Très rarement, il pourra attaquer des animaux malades ou blessés, utilisant ses ailes pour les pousser dans un précipice, par exemple.

Habitat

Le Gypaète barbu apprécie les reliefs abrupts qui présentent des milieux ouverts, avec des zones de falaises pour accueillir les nids et des pierriers pour casser les os en les lâchant depuis le ciel 🗻. Les sources de boue ferrugineuse et des ongulés sauvages ou domestiques se trouveront aux alentours. Il évoluera entre un domaine vital très vaste (entre 350 et 700 km², quand même), et son territoire de reproduction qui abrite un ou plusieurs nids, des perchoirs, des cavités servant de garde-manger et des pierriers, limité à quelques centaines de mètres autour des aires. Il se montrera très virulent pour protéger cet espace 👊, mais également farouche et susceptible de fuir s’il s’y sent dérangé par les activités humaines, ce qui met en danger la reproduction.

Répartition

Le Gypaète barbu est présent dans les régions montagneuses du centre et du sud de l’Europe, de l’Afrique du Nord, du Moyen-Orient et de l’Asie Mineure à la Chine. Il est en déclin dans de nombreux sites dans le monde.

En ce qui concerne la France, l’espèce s’est éteinte dans la plupart des massifs montagneux du pourtour méditerranéen au cours du XIXème et XXème siècle. Elle n’est plus présente que dans les Pyrénées, et en Corse. Elle a été réintroduite dans les Alpes dans les années 80 (230 oiseaux y ont été lâchés depuis 1986). 👉  Quels sont les animaux sauvages vivant en France ? Où les apercevoir ?

👉 Les effectifs présents en Corse sont dans un état de conservation critique en raison d’une très faible productivité des couples 😟. On déplore en effet une insuffisance des ressources alimentaires du fait du déclin du pastoralisme traditionnel de même que par la régression du Mouflon. Sans parler des contaminations par des pesticides…

👉 Les choses vont mieux dans les Alpes, avec un bon taux de reproduction 🤗. Le danger réside surtout dans les risques de collision avec des câbles aériens et le tir. Les nombreuses activités sportives et humaines à proximité des nids sont également susceptibles d’y perturber la reproduction.

👉 Dans les Pyrénées, les populations se portent plutôt bien également 🙂, malgré les intoxications constatées, les collisions contre des câbles et les tirs. Les populations du Pays basque, en revanche, sont plus en danger, avec une baisse du nombre de couples et une absence de reproduction du fait des dérangements. La chasse à elle seule, par exemple, provoque des désertions de nid jusqu’à 1,5 km à la ronde 😠 ! Si vous êtes dans la région : 4 randonnées à absolument faire dans les Pyrénées -
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Présence du Gypaète barbu.

Reproduction

Le Gypaète barbu est fidèle en amour : il se met en couple, et restera fidèle toute sa vie 🥰. Ils élèveront un petit dans une aire cosy aménagée dans une falaise. Ce nid, généralement orienté sud/sud-est, peut atteindre 2,5 m de diamètre et 1 mètre de hauteur, et est construit à l’entrée d’une grotte ou dans un renfoncement, aménagé de nombreux branchages, et même garni de laine. Il resservira les années suivantes, après une éventuelle petite rénovation intérieure, mais le Gypaète barbu peut avoir de nombreuses résidences secondaires (une dizaine parfois !), et alterner au gré des envies.

 Le cycle de reproduction débute en automne, les pontes d’un ou deux œufs interviennent pendant l’hiver, avec une éclosion en mars 🐣. Il s’agit d’un couple plutôt moderne, puisque Monsieur comme Madame se charge de l’incubation et de l’élevage du petit, de manière équitable. Ils couvent dans des conditions hivernales extrêmes, de manière que le jeune prend son envol en période estivale, autour de l’âge de 4 mois 🌞.

À retenir :

Le Gypaète barbu est un superbe rapace à l’apparence unique, que nous avons encore la chance de voir encore évoluer dans notre pays. Espèce aujourd’hui protégée et particulièrement vulnérable, sa population ne progresse que très lentement, à raison d’un petit tous les 3 ans par couple ! Très sensible aux activités humaines susceptibles de déranger sa reproduction, il a particulièrement besoin d’en être préservé. Si vous avez la chance de l’apercevoir, la meilleure façon de l’aider est de vous faire tout petit, et de déguerpir.

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Sources : LPO, parcsnationaux.fr, INPN, gypaete-barbu.com, mercantour-parcnational.fr

Article proposé par Equipe Rédaction

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