Pourquoi l'air de la montagne nous fatigue autant ?

Mis à jour le par Equipe Rédaction

La montagne constitue un environnement potentiellement hostile, que ce soit du point de vue des conditions météorologiques que de celui de l’environnement auquel il soumet notre organisme. Un séjour en altitude s’accompagne bien souvent d’une fatigue plus importante, qu’on a parfois du mal à s’expliquer, et parfois même de symptômes plus marqués. Avant de vous lancer à l’assaut des plus hauts sommets de France et d’ailleurs, il convient de s’intéresser à la question de savoir pourquoi, au juste, la montagne fatigue tant ? 🤔

Pourquoi l'air de la montagne nous fatigue autant ?

Plus d’efforts physiques, plus de fatigue !

⛷️ Bien souvent, on se rend en montagne pour pratiquer un ou plusieurs sports, que ce soit d’hiver ou d’été. Randonnée, ski, alpinisme… Un séjour en montagne s’accompagne généralement d’efforts intenses en pente, et donc d’une fatigue musculaire. Mais ce facteur ne suffit pas à expliquer la fatigue souvent ressentie en altitude.

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En montagne, l’air se fait rare

Si la montagne engendre une fatigue inhabituelle, ce n’est pas seulement en raison des descentes de pistes de la journée ! L’effort physique, certes, y participe, mais c’est avant tout en raison des caractéristiques de l’air en altitude, qui a un effet physiologique.

Car s’il est à peu près certain que l’air de la montagne est assurément meilleur qu’en ville, il n’en est pas moins qu’en altitude, il se fait plus rare, et l’oxygène y est moins disponible. En fait, ce n’est pas que l’oxygène fait défaut, mais que la pression atmosphérique diminue, ce qui se traduit, pour notre organisme, par une moins bonne oxygénation : c’est l’hypoxie 🤓. Plus l’altitude est élevée, plus le problème s’accentue, et plus la baisse de pression en oxygène dans l’air ambiant se fait sentir. Par exemple, à une altitude de 5 800 mètres, la quantité d’oxygène disponible est moitié moins importante qu’au niveau de la mer. Mais dès 2.000 mètres, l’oxygène n’est déjà plus disponible qu’à hauteur de 80%. Et l'air marin alors ? Pourquoi l'air de la mer nous fatigue-t-il autant ?

Le corps humain réagit alors et tente de s’adapter. Le rythme cardiaque augmente et la respiration s’intensifie afin d’envoyer plus d’oxygène vers les organes. Ces conditions peuvent engendrer une certaine fatigue, voire, dans les cas plus extrêmes, un véritable mal des montagnes. Un mal qui n’a l’air de rien, parfois, mais dont l’issue peut être fatale 😱.

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De la simple fatigue au mal des montagnes

En fonction du degré de résistance et d’adaptation propre à chacun, le corps peut alors manquer d’oxygène, et là où certains ne ressentiront que de la fatigue 🥱, d’autres ressentiront des maux plus importants, dont les symptômes sont généralement les suivants 🥴 :

  • Maux de tête 🤯 ;
  • Douleurs musculaires ;
  • Essoufflement ;
  • Perte d’appétit ;
  • Nausées 🤢 ;
  • Vomissements 🤮 ;
  • Diarrhée 💩 ;
  • Bourdonnements d’oreilles ;
  • Sommeil perturbé 😴 ;
  • Vertiges 😵‍💫 ;
  • Irritabilité 😤 ;
  • Saignement de nez ;
  • Œdème des mains ou de la face ;
  • Confusion ou euphorie 🤪.

Ces signes montrent que le corps fournit un effort d’adaptation à cet environnement, et cherche à s’en accommoder. C’est ce qu’on appelle le mal aigu des montagnes (MAM), se manifestant dans les 6 à 10 heures suivant l’ascension. Certains décrivent des effets semblables à ceux de l’ivresse alcoolique, qui durent 24 à 48 heures. Mais il convient de ne pas les confondre avec les effets de l’apéro de la veille, car tout peut aller très vite, et rapidement dégénérer.

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Les formes graves de mal des montagnes

Dans de rares cas, si les premiers symptômes sont ignorés, le mal aigu des montagnes peut aboutir à un œdème pulmonaire d’altitude, sous 24 à 96 heures après une ascension rapide au-dessus de 2 500 mètres. Dans ce cas catastrophique, du liquide s’accumule dans les poumons, provocant des quintes de toux et un essoufflement, ce qui conduit à une détresse respiratoire et au coma, si rien n’est fait, puis à la mort. Une cyanose peut également apparaître, c’est-à-dire une coloration bleuâtre de la peau, des lèvres et des ongles. L’autre option, qui n’est guère plus enviable, c’est l’œdème cérébral de haute altitude (OCHA), qui se manifeste par des céphalées, des troubles de la vision, une confusion, une démarche instable, et des vomissements, jusqu’au décès 😵.

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À partir de quelle altitude ?

🏔️ Les maux se font généralement sentir au-dessus de 3000 mètres d’altitude, mais peuvent débuter bien plus bas en fonction des personnes. Il n’y a pas vraiment de règles en la matière, votre organisme en est seul arbitre. Entre 1.000 et 2.000 mètres, on rencontre déjà une hypoxie légère et des effets peuvent être ressentis à l’effort, mais c’est principalement au-delà de 2.000 mètres que les choses peuvent davantage commencer à se corser, car les effets sont ressentis y compris au repos ou à l’effort mineur. Ainsi, 20 % des personnes qui montent jusqu’à 2 500 mètres et 40 % de celles qui montent jusqu’à 3 000 mètres présentent une forme de mal des montagnes.

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Rester à l’écoute de son corps

D’où l’importance de bien savoir écouter son corps et de ne surtout pas se surestimer ! Les ascensions doivent rester progressives (400 mètres au plus chaque jour au-delà de 3 500 mètres), et nécessitent un entraînement préalable : votre condition physique est déterminante. À partir d’une certaine altitude, l’organisme doit passer quelques jours, voire quelques semaines, à chaque palier d’altitude afin d’avoir le temps de s’acclimater, et de créer de nouveaux globules rouges pour augmenter l’apport d’oxygène. Et c’est justement pour ça que certains sportifs de haut niveau s’entraînent en condition d’hypoxie hypobare, dans le but d’améliorer leurs performances et de profiter de l’effet boostant de ce « dopage naturel » 💪. Les défis du genre « le dernier arrivé en haut a un petit kiki » sont évidemment à la fois stupides et déconseillés 🙄.

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⛺ Par ailleurs, l’altitude à laquelle les personnes bivouaquent a plus d’importance que l’altitude maximale atteinte au cours de la journée, il convient donc de redescendre un peu pour passer la nuit ou dormir plusieurs nuits au même endroit, tout en s’autorisant des sorties à des altitudes supérieures pendant la journée. Évidemment, les personnes qui vivent au niveau de la mer ou proche sont désavantagées par rapport aux autres.

⚠️ Si les symptômes ne s’estompent pas, redescendez de quelques centaines de mètres !

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À retenir

On savait déjà que l’air de la mer fatiguait, mais qu’en est-il de l’air de la montagne ? Eh bien il fatigue également mais pas pour les mêmes raisons ! Un séjour en altitude expose en effet l’organisme à un environnement particulier : plus on monte en altitude, plus la pression atmosphérique diminue, et moins l’oxygène est disponible : c’est l’hypoxie. De ce fait, le corps, pour s’accommoder, doit produire plus de globules rouges et cet effort adaptatif engendre une certaine fatigue, quand ce n’est pas un mal aigu des montagnes, aux conséquences potentiellement graves. Par ailleurs, un séjour en montagne est bien souvent accompagné d’une plus importante activité sportive, ce qui accentue encore cette impression de fatigue.

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Sources : geo.fr, ouest-france.fr, randonner-malin.com, msdmanuals.com, irbms.com

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