Pendant ce temps, les vaches rotent
En effet, on évoque souvent le dioxyde de carbone en matière de gaz à effet de serre, qui demeure le plus abondant. Mais le méthane (CH4), de son côté, n’en est pas moins redoutable : il emprisonne environ 30 fois plus de chaleur que le dioxyde de carbone et représente environ 16 % des émissions mondiales de GES 😱. Les ruminants disposent d’un estomac qui comporte 4 chambres distinctes et dont le processus de digestion implique une fermentation entérique, au cours de laquelle les bactéries décomposent les glucides complexes en sucres simples. Ce processus produit des gaz, et notamment du dioxyde de carbone et du méthane, qui est expulsé par leurs rots, leurs flatulences et leurs déjections.
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Une note salée, donc, pour le climat, pointée du doigt par la Cour des Comptes qui recommande d’y remédier, d’autant que les aides actuelles allouées aux éleveurs bovins coûtent plusieurs milliards d’euros chaque année au pays.
Réduire le cheptel pour alléger l’empreinte carbone française
🚜 C’est pourquoi il est demandé au ministère de l’agriculture de définir et de rendre publique une stratégie de réduction du cheptel bovin français, afin de réduire l’empreinte carbone du pays. Si longtemps le secteur agricole s’est vu ménagé par le gouvernement, et dispensé de faire autant d’efforts que ceux de l’industrie, du transport ou encore de l’énergie, il semble que le pas soit désormais franchi.
Ainsi, le cheptel pourrait atteindre environ 15 millions de têtes d’ici 2035, puis 13,5 millions à l'horizon 2050.
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Une nécessaire diminution de la consommation de viande concomitante
🥩 En parallèle, les consommateurs seront invités à limiter leur consommation de viande à 500 grammes par semaine, conformément aux recommandations des autorités de santé, de sorte que sur le papier en tout cas, la souveraineté de la France en matière de viande rouge ne devrait pas être compromise. Un seuil aujourd’hui dépassé par près de 30 % des adultes. Il faudrait donc, pour satisfaire les objectifs climatiques, que concomitamment à la baisse de la production, la consommation suive le mouvement afin que la mesure ne conduise pas à augmenter les importations. Privilégier la qualité à la quantité, on en revient toujours à ça.
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Un accueil plus que mitigé du monde agricole
😠 Une nouvelle qui ne laisse pas indifférent le monde français de l’élevage bovin, qui n’a pas manqué de réagir comme un pet sur une toile cirée, érigeant en exemple les Pays-Bas, eux aussi confrontés à cette problématique. Dans leur cas, les plans de réduction des cheptels ont finalement eu pour effet de propulser un parti populiste en tête des forces politiques au Sénat.
Les inquiétudes sont vives, et les grands acteurs du secteur s’indignent. « Près d'un million de vaches sur les seules sept dernières années. Mais selon la haute administration, nos vaches ne disparaîtraient pas assez vite des paysages français ? », s’insurge la Fédération des producteurs de viande bovine (FNB). D’autres éleveurs soulèvent le très important point de leur rémunération : si réduire le cheptel n’est, en soi, pas un problème, cette réduction doit nécessairement s’accompagner d’une revalorisation de leurs bêtes. Les éleveurs les plus en difficultés, de leur côté, seront accompagnés vers une réorientation de leurs systèmes de production, ou plus radicalement, vers d’autres professions.
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À quand la vache bas-carbone ?
À la question de savoir s’il est possible d’influer sur la production de méthane produite par les bovins, la réponse est oui. Ce
qu’elles mangent a une influence sur la quantité évacuée. Ainsi, le foin et l’herbe en produit davantage que le maïs 🌽. Certains scientifiques étudient également l’effet très intéressant des algues sur une enzyme responsable en partie de ces émanations, susceptible d’après les premières données de réduire de moitié la production de méthane. Enfin, la piste génétique est explorée afin de privilégier des vaches qui hébergent moins de bactéries dans leur estomac. À quand les vaches OGM ?
Une ferme expérimentale dans le Finistère, de son côté, travaille grandeur nature sur un troupeau de Prim’Holstein afin de mettre en lumière les bonnes pratiques susceptibles de minimiser l’empreinte carbone d’une exploitation. Le tourteau de soja, facteur de déforestation, y est banni, et remplacé par du tourteau de colza, les prairies sont renforcées en légumineuses afin d’améliorer leur valeur nutritive, mais encore maïs fourrage cultivé sur place, haies replantées le long des prairies, limitation des animaux improductifs… Pendant ce temps, d’autres étudient l’opportunité de la mise en place de masques-harnais filtrant les rots, qui seraient susceptibles de réduire les émissions de méthane du bétail pourvu d’un tel équipement 🤔.
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À retenir :
Plus le temps passe, plus les objectifs de l’accord de Paris semblent s’éloigner. C’est pourquoi chaque secteur doit aujourd’hui apporter sa pierre à l’édifice de la réduction des émissions de gaz à effet de serre. L’agriculture française, avec ses 17 millions de vaches, n’y fera pas exception. C’est ainsi que pour limiter la production de méthane, la Cour des Comptes préconise de diminuer le cheptel français de bovins, annonce qui ne passe pas inaperçue dans le milieu agricole et qui suscite inquiétude et indignation.
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Sources : web-agri.fr, capital.fr, tf1info.fr, parlonssciences.ca, actu.fr, francebleu.fr
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