La dune est importante
Mais au-delà de sa forte valeur ajoutée en termes d’espace naturel et de biodiversité, la dune ne nous est pas complètement inutile : il s’agit d’une véritable digue naturelle qui empêche la mer de pénétrer dans l’arrière-pays, dont certaines zones se situent en dessous du niveau de la mer. La dune est ainsi l’un de nos meilleurs atouts contre l’érosion du littoral 💪.
Depuis quelques années, pourtant, l’érosion est de plus en plus souvent évoquée dans les médias, qui alertent sur le recul progressif des plages et la montée du niveau de la mer. Or, érosion rime avec submersion… À Soulac-sur-Mer, en Gironde, la mer a en effet progressé de plusieurs centaines de mètres en moins d’un demi-siècle, obligeant les autorités à évacuer en 2014 un immeuble datant des années 60, désormais à une dizaine de mètres seulement de la mer : le trait de côte y a reculé de 4,3 m par an entre 1957 et 2013 🫣 !
Ainsi, l'océan gagne tous les ans en moyenne de 1,7 à 2,5 m sur la côte sableuse aquitaine. Un phénomène multifactoriel, lié en partie à la destruction du cordon dunaire longeant le littoral du fait, notamment, du développement effréné du tourisme de masse, facteur clé de dégradation des dunes. Or, ces mêmes dunes jouent un rôle majeur dans la rétention du sable. C’est donc le serpent qui se mord la queue, et la stabilisation des dunes est essentielle pour atténuer les effets du changement climatique.
On estime ainsi que jusqu’à 50 000 foyers français seront prochainement menacés par l’érosion du littoral d’ici la fin du siècle. Le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema) a procédé à la comparaison entre des images aériennes capturées dans les années 30 à 50 avec les images actuelles, et ont pu constater que 18,6% du littoral a vu son trait de côte reculer (soit 900 km), et parfois de plusieurs mètres par an, avec une grande inégalité des différentes côtes françaises, les côtes sableuses étant les plus durement touchées, notamment la Gironde, la Manche et la Charente-Maritime 😒.
👉 Acidification des océans : un problème majeur, explications
Que se passe-t-il au juste quand on marche sur la dune ?
En fait, lorsque quelqu’un s’aventure dans la dune, que ce soit à pied ou en véhicule motorisé, il crée une brèche qui va s’élargir sous l’effet du vent et qui finira par former un cratère, d’après Paul Tourneur, chef de projet biodiversité pour l’ONF Landes 😠. La pression du tourisme, l’utilisation de véhicules de type 4x4 ou de vélos fragilisent donc la plage et la dune. Le piétinement intempestif, qui plus est en dehors des sentiers, participe à ce déclin 👣. Le piétinement des jeunes pousses, notamment d'oyats, empêche la régénération de la dune et la fixation durable du sable. 👉 Ces sites menacés par les excès du tourisme et le réchauffement climatique
En fait, la dune n’a pas toujours connu les mesures de protections actuelles. Avant que le sujet soit réglementé, c’était un peu l’anarchie : les touristes se garaient le long de la route longeant le littoral, et marchaient jusqu’à la plage en traversant la dune de toutes parts.
La dune à l’épreuve du réchauffement climatique
Les conséquences du réchauffement climatique frappent de plein fouet la dune par deux mécanismes principaux : la montée des eaux, et les tempêtes plus fréquentes et violentes. Ainsi, de puissants évènements météorologiques ont mis à mal les dunes du littoral au cours des dernières décennies. Après la tempête Xynthia en février 2010, l’hiver 2013-2014 avait à son tour entraîné une érosion massive et un franc recul, parfois massif, du trait de côte. Suivis par des phénomènes venteux début 2017, ayant entraîné un transfert progressif du sable vers l’est, et enfin les puissantes tempêtes de l’hiver 2019-2020, impactant lourdement le sud de la côte atlantique 😵.
👉 Fonte des glaciers, un problème à ne pas prendre à la légère
Comment fixer la dune ?
Outre les mesures de préservation et d’interdiction d’accès des dunes, de nombreuses stratégies sont mises en œuvre dans l’espoir de fixer cette dernière, et l’ONF y travaille d’arrache-pied !
Couvrir les cavités de sable de branchages de genêts, de bruyère ou de pin, faire des boutures de gourbet et de chiendent… C’est en effet la végétation fixatrice qui permet de piéger le sable et qui est salvatrice pour le cordon dunaire 🌱. Les agents travaillent donc au maintien des habitats naturels et à la protection des milieux dunaires naturels, au moyen de clôtures, de signalétiques et d’interdictions d’accès.
👉 Comment protéger les océans ? À nous de jouer !
À retenir :
Les dunes qui délimitent les bords de mer sont des écosystèmes précieux, malheureusement menacés par le tourisme de masse et le dérèglement climatique. Espace mouvant, sans cesse remodelé par le vent, les dunes sont vivantes et grouillent de vie. Au-delà de ça, les dunes érigent un rempart protecteur naturel contre l’érosion des côtes, phénomène qui s’accélère sous l’effet du réchauffement climatique et de la montée du niveau de la mer. Voilà pourquoi tout doit être mis en œuvre pour assurer leur conservation et leur protection, et notamment pourquoi leur accès doit être strictement limité.
Explorer - protéger - se ressourcer #BornToBeWild
|
Sources : reporterre.net, sudouest.fr, ign.fr, planet-terre.ens-lyon.fr, nationalgeographic.fr, francetvinfo.fr, onf.fr
Cet article vous a plu ?
Vous voulez en savoir plus 🤔 ?
Ecrivez directement à l’auteurEquipeRédaction !